Rejet Chambre néerlandophone

Rejet du recours : le granulat de béton (débris de béton 20/40) n'est pas un matériau de récupération interdit mais un matériau recyclé — interprétation de l'interdiction des matériaux de récupération pour la construction de terrains de gazon artificiel

Arrêt nr. 260341 · 28 juin 2024 · XIIe kamer

Le recours en annulation de LESUCO contre l'attribution de la construction de trois terrains de gazon artificiel à Sint-Pieters-Leeuw à la NV K. est rejeté — le Conseil d'État juge que le granulat de béton 20/40 (commercialement appelé 'débris de béton') n'est pas un matériau de récupération au sens de l'interdiction du cahier des charges, mais un matériau recyclé ayant subi un processus spécifique, et que l'interprétation du pouvoir adjudicateur n'est pas illégale.

Que s'est-il passé ?

La commune de Sint-Pieters-Leeuw a lancé une procédure ouverte pour la construction de trois terrains de gazon artificiel, avec le prix comme seul critère d'attribution. Le cahier des charges interdisait l'utilisation de 'matériaux de récupération' dans la fondation en pierraille. La NV K. (Krinkels) a proposé une couche de base de 25 cm en 'débris de béton 20/40' et a été classée première. LESUCO, classée deuxième, a fait valoir que cela violait l'interdiction. La commune a répondu que le granulat de béton 20/40 est un matériau recyclé — et non un matériau de récupération — car il subit un processus spécifique (concassage, tamisage, nettoyage) et nécessite un certificat BENOR. Le Conseil d'État confirme cette interprétation : l'interdiction des matériaux de récupération n'exclut pas automatiquement les matières premières recyclées ou secondaires ayant subi une transformation. Le pouvoir adjudicateur dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour interpréter ses propres spécifications techniques. L'obligation de motivation est également respectée. Le recours est rejeté.

Pourquoi c'est important ?

Cet arrêt distingue entre matériau de récupération et matériau recyclé dans les cahiers des charges. Une interdiction des matériaux de récupération n'exclut pas automatiquement les matériaux recyclés ayant subi un traitement spécifique. Le pouvoir adjudicateur dispose d'un pouvoir discrétionnaire dans l'interprétation de ses propres spécifications techniques.

La leçon

En tant que pouvoir adjudicateur : si vous interdisez les matériaux de récupération, définissez le terme ou précisez si les matériaux recyclés ayant subi un traitement spécifique sont également visés. En tant que soumissionnaire : si une clause est ambiguë et affecte votre calcul de prix, demandez des éclaircissements avant la soumission.

Posez-vous la question

En tant que pouvoir adjudicateur, ai-je suffisamment défini les termes dans mes spécifications techniques ? L'interdiction des matériaux de récupération couvre-t-elle aussi les granulats recyclés ? En tant que soumissionnaire, ai-je demandé des éclaircissements en temps utile ?

À propos de cette base de données

Le Conseil d'État (Raad van State) est la plus haute juridiction administrative de Belgique. En matière de marchés publics — de l'attribution d'un contrat à l'exclusion d'un soumissionnaire — le Conseil d'État tranche en dernier ressort. Les arrêts de cette base de données sont résumés par TenderWolf en langage clair, avec des leçons pratiques pour les soumissionnaires et les pouvoirs adjudicateurs. Voir tous les arrêts →