Rejet Chambre néerlandophone

Rejet de la demande contre un planning ambitieux mais réaliste — démarrage après 7 jours calendrier et 140 jours ouvrables de délai d'exécution total non substantiellement irrégulier après examen approfondi par le pouvoir adjudicateur et le bureau d'études

Arrêt nr. 262056 · 21 janvier 2025 · XIVe kamer

Le Conseil d'État rejette la demande de suspension de l'attribution d'un marché de travaux pour un hangar et une meunerie (FEED PILOT) car le planning ambitieux du soumissionnaire retenu (démarrage après 7 jours calendrier, 140 jours ouvrables au total) avait été examiné de manière approfondie par le pouvoir adjudicateur et son bureau d'études et chacune des cinq objections soulevées par la partie requérante s'est avérée non fondée.

Que s'est-il passé ?

L'Eigen Vermogen van het Instituut voor Landbouw- en Visserijonderzoek (EV-ILVO) a lancé, par procédure ouverte, un marché de travaux pour la réalisation d'un hangar, de travaux d'aménagement avec pont-bascule et de fondations pour une meunerie dans le cadre du projet FEED PILOT (financé par le FEDER). Les critères d'attribution étaient : le prix (70 points), la date de début (10 points) et le délai d'exécution (20 points, répartis sur trois jalons). Le délai d'exécution maximal était de 250 jours ouvrables, avec une date de début au plus tard 60 jours calendrier après la clôture. Trois soumissionnaires ont déposé une offre. La partie intervenante (association momentanée S.) a obtenu 92/100 et proposé un démarrage après 7 jours calendrier pour un délai total de 140 jours ouvrables. La partie requérante (BV V.) a obtenu 84,5/100 avec un démarrage après 56 jours calendrier. Après une première décision d'attribution du 11 octobre 2024 contestée et retirée le 12 novembre 2024, un nouveau rapport d'attribution a été établi avec un examen approfondi du planning de la partie intervenante. La BV V. a introduit une demande de suspension en extrême urgence, arguant que le planning du soumissionnaire retenu était substantiellement irrégulier. Cinq griefs ont été soulevés : (1) les fiches techniques devaient être soumises 30 jours avant la mise en œuvre sur chantier — le Conseil a constaté que le cahier des charges distinguait la remise des fiches (avant le début des travaux) de la mise en œuvre (ultérieure) ; (2) la réunion de démarrage devait avoir lieu au moins 8 jours avant le début des travaux — rien n'interdisait de la tenir avant la clôture ; (3) la déclaration de chantier (AR 25 janvier 2001) exigeait un préavis de 15 jours — l'article 47 prévoit une procédure alternative en cas de délai de préparation insuffisant ; (4) la demande KLIP/KLIM nécessitait 20 à 40 jours — le soumissionnaire l'avait déjà effectuée lors de la phase d'offre ; (5) le désamiantage nécessitait un préavis de 15 jours — aucun désamiantage n'était prévu car le maître d'ouvrage avait déjà retiré tout l'amiante. Le Conseil a conclu que le pouvoir adjudicateur et son bureau d'études avaient examiné le planning de manière approfondie et avaient répondu de manière motivée à chaque point. La demande a été rejetée.

Pourquoi c'est important ?

Cet arrêt démontre qu'un planning ambitieux ne constitue pas automatiquement une irrégularité substantielle. La clé réside dans la qualité de l'examen par le pouvoir adjudicateur : l'ILVO et son bureau d'études ont examiné chaque objection de manière approfondie, demandé une justification complémentaire au soumissionnaire retenu et documenté leurs conclusions en détail dans le rapport d'attribution. L'arrêt confirme également que les soumissionnaires peuvent prendre des préparations à leurs propres risques avant la conclusion du marché, et que les délais légaux doivent être lus dans leur contexte approprié.

La leçon

Lorsqu'un soumissionnaire propose un planning ambitieux, examinez-le de manière approfondie et documentez vos conclusions. Demandez une justification au soumissionnaire et examinez chaque objection point par point. Lisez les délais légaux dans leur contexte approprié : de nombreux délais prévoient des alternatives (comme l'article 47 de l'AR du 25 janvier 2001 pour la déclaration de chantier) ou ne s'appliquent qu'au moment où une activité spécifique a effectivement lieu.

Posez-vous la question

Avez-vous examiné et documenté point par point la justification d'un planning ambitieux ? Avez-vous lu les délais légaux dans leur contexte approprié, y compris les procédures alternatives éventuelles ?

À propos de cette base de données

Le Conseil d'État (Raad van State) est la plus haute juridiction administrative de Belgique. En matière de marchés publics — de l'attribution d'un contrat à l'exclusion d'un soumissionnaire — le Conseil d'État tranche en dernier ressort. Les arrêts de cette base de données sont résumés par TenderWolf en langage clair, avec des leçons pratiques pour les soumissionnaires et les pouvoirs adjudicateurs. Voir tous les arrêts →